| Régulièrement Kochipan se fait l'écho de la scène post-rock asiatique. C'est avec un plaisir non dissimulé que l'on vous propose aujourd'hui l'interview d'un groupe précurseur en la matière à Taïwan : SELFKILL. Cette formation propose à son auditoire une expérience musicale mais aussi visuelle faisant la part belle aux ressentis les plus enfouis. Leur nouvel opus sorti l'été dernier confirme la ligne directrice opérée par le groupe. Avec passion et beaucoup de recul ils s'ouvrent pour la première fois au public français... |
Bonjour, pourriez-vous présenter votre formation aux lecteurs de Kochipan ?
SELFKILL est un trio rock formé à l'été 2002. Les membres d'origine sont Chi-an Young (bassiste), Chieng-Da Lu (batteur) et Chi-Feng Chao (Guitariste). En 2004, le guitariste Chi-Kung Young a rejoint le groupe et nous avons sorti notre premier album “雨停了之後?en 2006. En 2009, Chao a quitté le groupe et SELFKILL demeure un groupe composé de 3 membres.
Comment définiriez-vous la musique et l'esprit de SELFKILL ?
A la base nous faisons du rock instrumental ou pour partir d'un mot plus populaire : du post rock, depuis les touts débuts du groupe. Nous voulons que les gens se concentrent sur la musique et non sur les paroles ou une partie vocale. Nous jouons donc ce style de rock sans élément vocal.
Qu'est ce qui a déterminé le choix de ce nom pour votre groupe ?
Nous pensions que si vous ne prenez pas la vie de manière sérieuse, c'est comme si vous vous tuiez vous-même (selfkill). Mais appréhender la vie sérieusement ce n'est pas non plus travailler ou étudier durement, mais traiter chaque personne autours de vous avec attention, ressentir chaque belle chose, si vous ne pouvez pas trouver la beauté de ce monde vous êtes comme un mort vivant ou alors c'est comme si vous vous auto-tuez. Après tout nous ne sommes pas du tout un groupe de Death Metal et il n'y a rien de sombre.

Vos compositions ammènent au public une atmosphère musicale particulière. Comment avez-vous mis en place ces pièces et d'où puisez-vous ces différentes idées ?
La pluaprt de nos chansons commencent par l'un des membres du groupe (cela peut être la basse, la guitare ou la batterie) et souvent cela mettra en place la plupart de ces chansons. Tout le monde les complète ensemble lorsque nous répétons. L'idée peut venir de n'importe où mais sans doute de notre vie quotidienne.
Vous êtes l'un des plus anciens groupes de Post-Rock à Taïwan. Comment avez-vous vécu les premières étapes de ce mouvement musical ?
C'est venu de manière naturelle, peut être car à ce moment-là le post rock était une nouvelle forme musicale pour le public à Taïwan et seulement quelques groupes en jouaient. Tous nos membres aiment les nouveautés et donc c'est ainsi que nous en avons simplement joué.
Quel est votre regard sur l'évolution du Post-Rock et que souhaitez-vous lui apporter ?
Nous pensons que cette forme de musique est déjà très mature. La plupart de chaque élément a été joué et créé par de grands groupes à travers le monde, il est donc difficile pour nous d'y amener de nouveaux matériaux. Peut être que cette musique doit se combiner avec différents types d'art comme les films, les dramas ou peut être également des arts technologiques. C'est que nous souhaitons faire à l'avenir.
Vous avez sorti cet été «Highway Dawn ». Comment avez-vous mis en place cet opus et quels ressentis avez-vous souhaité partager avec le public ?
« Highway Dawn » pour nous, est comme un second volume après notre premier album sorti à l'été 2006, qui peut se traduire par « Le moment où la pluie cesse ? » ce qui signifie que quelqu'un est en attente de l'arrêt de la pluie et il ne peut attendre pour sortir. Cela raconte sur les ce que l'on peut attendre du futur sans avoir peur. C'est un peu différent avec notre deuxième album car nous ne sommes plus étudiants et nous avons grandi depuis 6 ans. Voici une courte description de ce qu'explique « Highway to Dawn » :
« A 4h du matin, roulant jusqu'à la fin de l'autoroute, jusqu'à la lumière avant le levé du soleil. Tu sais que ton cerveau n'est pas toujours aussi nette pour faire face au monde, le soleil se lèvera de toute manière de nouveau. Tu quitte toujours les merdes quotidiennes pour un demain sans fin. Le désordre est une partie de la vie. Mais en quelque sorte il y a quelques temps, il y avait une route vive en face de toi et tu peux facilement partir sans hésitation ni excuse. Tu ne t'es jamais senti aussi fort sur tes choix. »
Chacun de nos deux albums décrit l'attente du futur, la différence est le statut mental et physique. Le deuxième est plus mature, ayant chaque élément de prêt et qui est à la recherche du départ. Le concept est connecté avec le nom de notre groupe : Selfkill. Arrêter d'ignorer la beauté quotidienne. La vie est courte et il faut saisir la chance de se battre pour ses rêves, maintenant.
Cet album a été présenté à travers des vidéos artistiques. Comment avez-vous combiné ces éléments visuels avec vos propres compositions musicales ?
En fait nous n'avons fourni aucune idée aux réalisateurs. Tout a été réalisé par eux-mêmes. Nous leur avons juste dit le concept de cet album et nous les avons laisser faire. J'aime cette partie avec cette scène familiaire à Taïwan prise dans différentes histoires. Ce fut un honeur pour nous de coopérer avec eux, ils sont remarquables.
10 ans après votre création que garderez-vous en particulier à l'esprit après ce premier chapitre de SELFKILL ?
Il y a 10 ans nous étions étudiants à l'université et rien d'autre à faire que d'écrire des chansons. Maintenant l'un de nous est docteur dans un hôpital (le guitariste), le batteur est ingénieur dans l'industrie de semi-conducteur et le bassiste est designer pour des instruments de musique. Chacun de nous vit normalement, passant 80% du temps à travailler comme chacun le fait. Mais la différence avec il y a 10 ans est que le groupe, SELFKILL, est devenu une part spirituel de notre vie, qui tend à ce que nous restions en alerte et toujours dans le rock. C'est un peu une actualisation de la pyramide des besoins de Maslow. Nous jouons non pas pour l'argent mais pou nous-mêmes et nous sommes sûrs que cela continuera ainsi.
Si vous deviez choisir une chanson de SELFKILL quelle serait-elle ?
Ce serait “Highway Dawn”. Ce fut la première fois que nous y avons intégré des trompettes et une atmosphère jazz. Cette chanson s'ouvre sur un sentiment de lutte et ce termine par une scène magnifique. “Highway Dawn” nous raconte une histoire complète avec un détail instrumental et c'est ce que SELFKILL essaye de dire.
Quels sont vos projets et avez-vous un message pour le public français ?
Nous souhaitons ajouter de nouveaux éléments musicaux dans de nouvelles chansons, comme l'électro ou autres. Cela pourrait être sympa.
On espère pouvoir jouer un jour en France et que vous puissiez ressentir l'esprit de SELFKILL. A bientôt.
© Photos et Vidéo : Selfkill
© Interview réalisée par E-mail - Kochipan (décembre 2012)
Un grand merci au groupe Selfkill d'avoir accepté cette interview pour Kochipan
Merci plus particulièrement à Wanchun pour son aide et son acceuil
Bandcamp officiel de Selfkill
"Highway Dawn" disponible sur Yesasia