Résumé : Dong-Sim et son fils Bong-gu ont quitté leur région pour aller retrouver le père de ce dernier qui est parti à Séoul pour trouver un emploi mais qui n'a plus donné de nouvelles. Ils appréhendront ainsi une ville froide où la sensibilité humaine est quasi inexistante
sauf si l'on sait ouvrir ses yeux et faire de belles rencontres...
Note :Byun Byung-Jun est un auteur de manhwa (bande dessinée coréenne) reconnue dans notre pays puisqu'il a déjà publié 4 oeuvres
et qu'il fut invité par deux fois au festival d'Angoulême. Il a fait des études graphiques au Japon d'où il en est ressorti avec le prix d'encouragement
au concours des jeunes auteurs de bande dessinéede l'éditeur Shôgakukan.
Critique : Au premier abord, on est intrigué par un récit aussi simple et finalement banal mais en creusant la chose on s'aperçoit que l'on tient entre nos mains un de ces ouvrages qui tire justement sa magie de sa simplicité. Ici pas de grands discours sur la déshumanisation d'une grande ville comme Séoul ou un manhwa avec un rythme soutenu. Et pourtant l'auteur arrive à faire passer son message. A travers ces petites rencontres où les différents protagonistes prennent le temps de regarder le monde qui les entoure mais surtout ceux qui le composent. L'histoire prend place durant l'hiver et ce n'est pas innocent. Le gel instalé dans les coeurs des habitants de la capitale n'en est que plus flagrant. Le froid n'est pas seulement suggéré, il est pleinement vécu. Que peut constituer l'existence d'un individu face à une masse passive et complétement désintéressée du sort que subi l'un des leurs ? Ce Manhwa se déroule à Séoul mais il aurait pu aussi prendre place à Paris ou dans une autre grande ville. Le propos développé est universel. Savoir s'ouvrir à l'autre et prendre le temps d'observer, cela ne demande pas beaucoup d'effort et finalement en faisant cela on en tire une véritable félicité.
Au niveau du graphisme un grand coup de chapeau à Byun Byung-Jun qui a su trouver son style sans singer les mangas Japonais, chose que pourtant de nombreux auteurs coréens font. Qui plus est, tel un artiste peintre, il joue avec les couleurs et ces différentes subtilités ajoutent au charme de l'ouvrage.
De la poésie et de la tendresse dans un monde où seul compte le profit personnel, voilà une ligne directrice qui n'est pas nouvelle mais qui met du baume au coeur et par les temps qui courent on apprécie grandement !