Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

KOCHIPAN

Un autre regard sur l'Asie orientale


Interview : Florent Chavouet

Publié par Acerdim sur 9 Juillet 2009, 20:35pm

Catégories : #Interviews

En 2006, un artiste du nom de Florent Chavouet pose ses valises à Tokyo pendant six mois. A l'aide de son vélo il part à la découverte de la capitale muni de ses crayons. Il en résultera un recueil nommé "Tokyo Sanpo" où il partage avec le public ses visions, ses experiences, sa vie quotidienne...dans cette ville objet de tant de fantasmes. L'humour et le sens du détail de cette ouvrage permettent au lecteur de se faire une autre idée de Tokyo.
Avant de partir pour de nouvelles aventures Florent Chavouet a accepté de répondre à nos questions et de nous ouvrir les portes de son univers.

 

Qu'est ce qui vous a ammené vous et vos crayons au Japon et plus particulièrement à Tokyo ?
Aviez vous déjà une certaine affinité avec la capitale avant cette experience ?


C'est avant tout grace à ma copine que j'ai pu passer 6 mois complets à Tokyo. Je me suis en fait incrusté chez elle parce que son employeur lui payait le logement. On habitait dans une Guest House: une maison partagée entre différents locataires ( un autre Français, une Népalaise et une Japonaise ).
Sinon j'avais déjà fait un très court détour à Tokyo, en 2004 lors d'un précédent voyage au Japon.

A la lecture de l'ouvrage "Tokyo Sanpo" on ne sait plus très bien si c'est un guide de voyage, une bande dessinée, un carnet de croquis...Comment le qualifieriez vous ?

Je ne sais pas trop, j'ai l'habitude de dire "tout ça à la fois". En fait cela traduit bien les circonstances avec lesquelles j'ai fait ce livre: j'ai dessiné sans trop me poser de question, sans vraiment savoir si je voulais éditer tout ça à mon retour, et encore moins sous quelle forme. Parfois j'avais besoin de raconter une brève anecdote donc j'utilisais un strip ou une séquence très "BD", parfois au contraire je voulais simplement retranscrire un bâtiment, et là un unique dessin suffisait. Pour les objets, ou même certains personnages, j'ajoutais des notes et des remarques autour de l'image, un moyen efficace de raconter et d'expliquer quelque chose. L'aspect hybride du livre est donc surtout dû au besoin d'adapter la narration et la représentation aux différents types de sujets.

Souvent en France lorsque l'on évoque Tokyo on imagine une grosse mégalopole sans âme or à la lecture de "Tokyo Sanpo" on a plus l'impression d'un ensemble urbain à taille humaine. Comment expliquez vous cette différence et quelles furent justement vos impressions en arrivant là-bas ?


Oui je pense que c'est une des choses qui m'a le plus frappé en vivant à Tokyo. Cela a beau être la plus grande ville du monde, elle garde un aspect encore très humain et très modeste. Bien sûr il y a pas mal de quartiers assez exhubérants et peuplés, mais dès que l'on s'écarte un peu de ces différents centres ( qui correspondent grosso modo aux différentes stations de la ligne Yamanote ), on tombe rapidement sur de petites rues à sens uniques qui mènent dans des quartiers beaucoup plus calmes et résidentiels, avec des commerces sans age. Je trouve effectivement qu'il encore une vrai âme de quartier dans les différents arrondissements de Tokyo. Et d'une manière générale, ce n'est pas une ville très haute, contrairement aux standards nord-américains.



Parmi la multitude de personnages présentés on en retrouve des récurents comme les policiers des différents Koban et Kim Jong Il, le dirigeant nord coréen. Qu'est ce qui vous a donné envie de développer ces différents personnages ?

Pour les policiers, c'est simplement qu'ils étaient devenus de vieilles connaissances, à force de me faire arrêter pour je ne sais quelle raison ( même pour savoir où je vais ). C'est surtout mon expérience du vélo volé qui m'a marqué, et m'a permis d'analyser un peu la profession. Et puis avec la quantité de Koban qu'il y a dans Tokyo, ils deviennet rapidement inévitables dans le paysage de la ville. Mais je n'ai pas de rancune, et finalement ils sont pour la pluspart très utiles quand on a besoin de renseigenements ou un peu d'aide. Pour Kim Jong Il, c'est un peu la même chose, j'avais l'impression qu'il était toujours là. En fait, à l'époque où j'étais à Tokyo ( juin-décembre 2006 ), il s'amusait déjà à envoyer des missiles au dessus du Japon, et il débutait dans la discipline compliquée des essais nucléaires sous-terrains. A la télé japonaise, c'était un grand sujet. C'est un peu le Ben Laden des Japonais, j'ai l'impression.

L'humour traverse de part en part "Tokyo Sanpo" même sur les sujets les plus délicats notamment avec la scène d'un nationaliste faisant de la propagande dans les rues de Tokyo. Ce ton de l'album est il un reflet d'une légerté vécue à Tokyo ou était-ce un moyen de mieux faire passer tes impressions vis-à-vis de la capitale  ?

Oui c'est un bon moyen de faire passer les impressions je pense. Et puis très honnètement je ne suis pas du tout un spécialiste du Japon ou de la société japonaise, il y a beaucoup de choses que je ne comprenais pas sur place. L'humour permet donc de s'en "sortir" et de reprendre à son compte une situation qui nous échappe. Et puis le travail de dessinateur comme je l'ai fait, est un exercice très solitaire. Quand je rajoutais des commentaires un peu "légers" sur mes dessins, c'était aussi une façon de me faire des blagues, comme lorsqu'on a un ami imaginaire.

Le livre fourmille de détails sur la vie quotidienne à Tokyo et aussi sur les différents quartiers qui composent la ville. Concrétement comment s'y prends-t-on lorsque l'on décide de décrire un tel lieu et comment s'est fait le choix de publier tel ou tel dessin ?


95% des dessins que j'ai réalisés à Tokyo sont publiés dans Tokyo Sanpo. Il n'y a donc pas eu un gros travail de sélection, mais plutôt d'organisation.
Encore une fois, pour décider de ce que j'allais dessiner, je ne décidais rien justement. Je prenais mon vélo et mon matériel, je choisissais vaguement une direction, et je m'arrêtais dès que quelque chose m'intriguait. Bien sûr parfois je me suis dit qu'il fallait quand même que je m'intéresse à tel ou tel quartier, mais une fois sur place, c'est juste un travail de flânerie.

Quel est votre meilleur souvenir de Tokyo et comptez-vous y retourner ?

Je n'aime pas trop retenir un moment en particulier. Alors je dirais "les nuits d'été" pour faire simple et poètique. Et puis aussi quand je mangeais mon Tofu bas de gamme. Il me manque mon Tofu bas de gamme.

Quels sont vos projets et comptez vous refaire un autre carnet de voyage ?

Justement c'est tout chaud, mon éditeur a accepté l'idée d'un nouveau projet tourné cette fois-ci sur le Japon de la campagne, une facette que j'adore dans ce pays. Mais là le projet est un peu farfelu, et j'espère, à terme qu'il plaira quand même aux éventuels lecteurs: je vais partir camper pendant les 3 mois d'été sur une toute petite ile ( 300 habitants ) de la Mer Intérieure, et essayer de tout dessiner ( habitants, village, faune, flore, objet...), en gardant un peu l'esprit graphique et narratif de Tokyo Sanpo.

© Kochipan - Interview réalisée par E-mail (juin 2009)


Un très grand merci à Florent Chavouet d'avoir pris le temps de répondre à nos questions (malgré un timing conséquent) et pour son accueil.

Tokyo Sanpo
Editions Philippe Picquier (sortie mars 2009)


Site officiel de Florent Chavouet

Blog de Florent Chavouet

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
<br /> Pour les fans inconsidérés de Florent Chavouet comme moi, je fais partager ma découverte : il sera en dédicace à la librairie itinéraires (60 rue Saint Honoré Paris 1er) le samedi 16 octobre à<br /> partir de 15h !<br /> A bientôt !<br /> <br /> <br />
Répondre
K
<br /> <br /> Merci pour ces informations et n'hésitez pas à nous transmettre d'autres informations de ce type :)<br /> <br /> <br /> <br />

Nous sommes sociaux !

Articles récents