Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

KOCHIPAN

Un autre regard sur l'Asie orientale


Interview de Sonny Liew

Publié par Acerdim sur 15 Avril 2009, 07:37am

Catégories : #Interviews

Sonny Liew est un jeune artiste né en Malaisie et vivant à Singapour. Extrêmement doué de ses crayons et des pinceaux, il a notamment collaboré avec de grands labels américains de Comics comme DC Vertigo avec des oeuvres comme "My Faith in Frankie". En 2009 les éditions Paquet lancent leur nouvel label Bao et par la même occasion permettent au public Français de pouvoir faire connaissance avec le travail de Sonny Liew à travers la sortie de la bande dessinée "Malinky Robot". Nous l'avions rencontré en mars de cette même année au salon du livre. Très ouvert et très curieux, nous avions pu alors discuter avec l'artiste. Nous lui avons demandé par la suite de nous accorder une interview, chose qu'il a accepté très rapidement.

 

Comment avez vous débarqué dans le milieu de la bande dessinée et plus particulièrement des comics ?


Et bien en fait au niveau de mon travail dans les comics, la première chose où je fus payé fut pour un « strip » quotidien dans un journal de Singapore lorsque je fus à l’université. Mais je pense vraiment que ma véritable entrée date de 2001 lorsque je reçu un prix de la fondation Xeric1 pour une histoire de Malinky Robot et aussi lorsque l’éditeur DC Vertigo me fit une offre pour travailler sur la mini série intituliée « My faith in Frankie » écrit par Mike Carey.

 

 

 

Justement vous avez eu la chance de travailler pour ce grand label de comics qu’est « DC » et aussi de rencontrer Chris Claremont, une figure emblématique de Marvel Comics. Comment se sont produites ces rencontres et quel impact cela a-t-il eu sur votre travail ?


La rencontre avec Chris Claremont2 fut totalement fortuite. En fait je suis allé au Comic-con de San Diego3 pour montrer mon portfolio à ceux qui pourraient y prêter attention et essayer de le montrer à ce type qui signait des livres sur le stand Marvel. Il fut très intéressé par mon travail et m’a présenté aux éditeurs. Il m’a également emmené faire un tour de la convention pour rencontrer certains de ses amis. Je ne savais pas qui il était vraiment avant de revenir à l’hôtel et de le voir interviewer à la télévision (rire).

En ce qui concerne DC, l’approche fut beaucoup plus franche puisque mon professeur, David Mazzuchelli m’a encouragé d’envoyer mon portfolio à Karen Berger de DC Vertigo et les se sont faites à partir de là.

 

Nous avons évoqué le monde des Comics américains. Quels sont les artistes qui vous ont le plus influencés ?

C’est un peu difficile de séparer les comics américains et les créateurs avec qui j’ai travaillés qui ne sont pas des Etats-Unis. Tous les scénaristes et artistes britaniques par exemple qui se sont déplacés depuis 2000 pour travailler avec les Majors américains. Par rapport aux artistes américains, c’est un peu dur de répondre car il y a beaucoup de facettes dans les histoires de ces comics et probablement que chaque artiste influence certains aspects de mon travail. Mais si je devais en nommer quelques uns il y aurait : Bill Watterson, Frank Miller, Guy Davis, Jeff Smith, Chris Ware, Geoff Darrow...

 

Vous étiez en mars dernier au le Salon du Livre de Paris où vous avez présenté votre premier album en France. Comment fut décidé la publication de Malinky Robot ? Et pendant ce salon comment s’est déroulé votre rencontre avec le public français ?


Tout d’abord j’ai rencontré Pierre Paquet4 au Comi-con de San diego il y a deux ans. On est resté en contact après ça. Je fus très impressioné par les ouvrages édités par Paquet et donc quand le label Bao a commencé et qu’il m’ont offert la possibilité de publier Malinky Robot, j’ai sauté sur l’occasion…

C’était très sympa de dédicacer dans différentes librairies et festivals en France et notamment au Salon du livre. Je suppose que le principal obstacle fut mon incapacité à parler Français. Je pense que j’ai du marquer « Je ne parle pas Français » dans tous les livres que j’ai signé (rire).

 

 

 

 

Vous êtes né en Malaisie, vous avez eu des experiences aux Etats-Unis, vous vivez à Singapour et votre album «Malinky Robot » se situe au Japon avec des références à la Russie ? Qu’est ce qui peut expliquer ainsi votre ouverture sur le monde et qu’est ce qui vous attire dans ces pays ?


On peut faire référence à Thomas Friedman5 car je pense que c’est un signe des temps avec la mondialisation qui fait que chacun est de plus en plus connecté avec les autres. Pour ma part, j’ai eu pas mal de chances de vivre aux Etats-Unis et en Grande Bretagne pendant un moment, ce qui m’a permi d’acquérir de l’expérience à travers des livres et des films de toutes sortes d’endroit.

A propos du Japon je pense qu’il y a une fasination spéciale pour beaucoup de personnes notamment avec l’expension des mangas et des animes qui s’est notamment remarquée durant la dernière décennie. Et puis c’est aussi un exemple unique puisqu’il est le seul pays asiatique à avoir lutté avec les pays occidentaux pour avoir une dominance avant le seconde guerre mondiale. Et puis la guerre elle-même, les atrocités, les bombes atomiques, l’occupation américaine et une nation militariste qui est devenue pacifiste…

En ce qui concerne les références russes dans « Malinky Robot »6  je pense que c’est de l’ordre de la subconscience. Car je pensais qu’il s’agissait d’un simple mot mais j’ai réalisé après qu’en fait cela voulait dire quelque chose en Russe et dans d’autres langues slaves .

 

 

« Malinky Robot » prend place dans un Tokyo imaginaire. Pourquoi en particulier cette ville et comment avez vous mis votre touche personnelle sur cette capitale si connue ?


En fait l’histoire est située à Sanya, un quartier ouvrier de Tokyo. Je me suis inspiré d’un livre d’Edward Fowler sur son experience là-bas quand je fus à l’école des beaux arts. Et cela semblait être un très bon endroit pour mettre en place une histoire. Je pense également que j’ai rajouté d’autres éléments que j’aimais, un future proche avec des références cyberpunk comme bladerunner.

 

 Quand des artistes dessinent des histoires sur Tokyo, générallement ils adoptent un style orienté manga. Au contraire avec vous on a l’impression que vous mélangez les styles (Comics, BD Franco-Belge…). Comment vous est venu ce choix et selon vous comment définiriez vous votre style graphique ?


Humm…Je pense que mon style graphique n’est pas quelque chose de conscient, c’est simplement une évolution. Mais dans un sense cela m’a probablement aidé d’avoir toujours un bon magasin de Comics à l’université où j’ai étudié. Il y avait de tout de Batman à Chester Brown ou bien encore Raw 7.

Ces derniers temps je pense néanmoins qu’il y a des choix de style qui sont plus conscience. Mais décrire ce style est pas si facile donc je préfère laisser ce genre de choses aux autres.

 

Générallement quand on analyse la bande dessinée asiatique, les mangas Japonais viennent tout de suite à notre esprit. Est ce la même chose à Singapour et est ce que les choses sont en train de changer ?


Comme tu l’as dit les mangas Japonais ont tellement d’influence qu’il est dur de ne pas y faire référence quand on pense aux bandes dessinées venant d’Asie. Mais il y a aussi d’autres types de bandes dessinées venant de Taïwan et de Hong-Kong, par exemple, avec leur propre style. Les mangas eux mêmes sont si diversifiés que je ne pense pas que nous verrons le moment où tout le monde dessinera des personnages avec de gros yeux. En fait il est à parier que différentes voix vont s’élever et que les créateurs vont assimiler différents styles de bande dessinées pour créer le leur.

 

Quels sont vos projets et plus particulièrement en France ?


Alors il y aura un roman graphique pour First Second Books8 appelé « Decelerate Blue » et écrit par Adam Rapp. C’est à propos d’une jeune fille vivant dans un futur proche, dans un monde où tout va très vite et qui finit par rejoindre un groupuscule de rebels qui espèrent trouver un différent mode de vie.

A côté de ça il y a Malinky Robot et certainement un artbook de dessins et de peintures sur les Robots pour le label Bao, et peut être également la traduction de mes premiers travaux comme « Wonderland » si nous pouvons obtenir les droits.

 

 



1 - La fondation Xeric récompense les auteurs de bandes dessinées indépendants et possède à ce titre une bourse financière. Elle fut créée au début des années 90 par Peter Laird, un des co-créateurs des Tortues Ninjas.
2 - A qui l’on doit notamment un regain de popularité de la série X-men à la fin des années 70
3 - Une des plus grandes conventions de bande dessinées dans le monde
4- le responsable des éditions Paquet
5- éditorialiste américain qui s’est fait remarqué par des ouvrages notamment sur la mondialisation
6 - en effet Malinky veut dire petit en russe et Robot veut dire travailler dans différentes langues notamment le Russe
7 - ancienne revue de Bande dessinée publiée notamment par Art Spielgman à qui l’on doit le fameux Maus
8- éditeur New Yorkais spécialisé dans les romans graphiques


Un grand merci à Sonny Liew pour sa gentillesse, son ouverture et sa rapidité !

Merci également aux éditions Paquet de nous avoir si bien accueilli lors du Salon du livre en mars 2009


© Kochipan - Avril 2009 - Interview réalisé par E-mail

Blog de Sonny Liew

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Nous sommes sociaux !

Articles récents