| | Il y a quelques années, on a eu la chance de pouvoir assiter à une soirée de Maikos, apprentis geikos (les geishas de Kyoto), dans le quartier de Gion à Kyoto, centre de cette institution traditionnelle. L'occasion de mieux comprendre ce que sont les geikos de manière générale. A l'occasion de la spéciale Geisha sur Kochipan nous vous invitons à ce petit voyage... |
Le voyage commence dès les premiers pas effectués dans le quartier de Gion non loin de la rivière Kamo. On plonge dans un Japon traditionnel, du moins l'image que l'on peut s'en faire avec des bâtisses anciennes propres à développer notre imagination. Lorsque l'on pénètre dans l'établissement choisi, nous appréhendons un univers feutré sans pour autant que l'on se sente mal à l'aise bien au contraire. On nous invite à prendre place, assis, sur des tatamis en compagnie d'autres visteurs d'un soir répartis entre plusieurs tables. L'occasion également de pouvoir discuter avec nos voisins dans une ambiance tout à fait convivial. Devant nous, les maikos commencent à dévoiler leur art.
Dans le même temps il nous est servi de succulents mets. Le tout se combine merveilleusement bien afin de mieux sensibiliser nos sens à la finesse des arts traditionnels japonais. C'est d'ailleurs-là, la prouesse arriver à éveiller les saveurs gustatives, visuelles et auditives sans que l'un ne prenne le pas sur l'autre.
On se rend mieux compte du réel travail nécessité pour devenir maiko et par la suite geiko. On est loin de l'image de simples figures visuelles destinées à accompagner les clichés d'un Japon traditionnel. Il faut exceller dans la maîtrise de la gestuelle et du chant. Comme pour de nombreux pans de la culture traditionnelle rien n'est laissé au hasard et ce qui pourrait, au premier abord, se traduire par de la simplicité se transforme en une véritable recherche propre à nous émerveiller. Quand bien même l'auditoire ne parlerait pas japonais ou ne posséderait pas de baggages culturels liés au monde des geikos ou des geishas, il ne pourra qu'être sensible au spectacle qui lui est offrert. En ce sens la sobriété du décor permet justement d'aller à la délicatesse de l'essentiel. On n'en est que mieux transporté.
Par la suite durant le repas, les différentes demoiselles viendront à chaque table pour discuter, pour éventuellement jouer à des jeux traditionnels, pour servir à boire...pour tenir compagnie en tout bien tout honneur et toujours avec ce juste équilibre entre moment chaleureux et une réserve permettant d'apprécier un peu le mystère qui entoure ces artistes. Au delà de l'aspect sérieux qui se dégage, nos maikos savent également faire preuve de sympathique plaisanterie et il n'est pas rare de voir de francs sourires sur les visages du public.
L'ensemble des convives est détendu et on est bien loin de certains clichés de ce genre de soirées parfois très guindées ou alors de choses plus inavouables.
Lors de cette soirée, il y eut également une sorte de loterie où chaque convive avait un numéro. Si celui-ci était tiré au sort il pouvait gagner différents lots notamment liés à la gastronomie.
Cerise sur le gâteau et afin de vous laisser un petit souvenir, il arrive que les geiko ou les maikos vous laisse leur Hanameishi. Il est composé de deux mot : Meishi qui se réfère à la carte de visite et Hana les fleurs. On peut dire que ce sont les cartes de visite des geikos. Toutefois vous ne trouverez aucun numéro de téléphone ou aucune adresse. Il consiste en une jolie carte ou un sticker où est écrit le nom calligraphié de la personne qui vous l'a remise sur fond de décors floral généralement.
Cette escapade d'un soir fut un réel délice et permet de mieux comprendre le charme de cette institution souvent méconnue ou caricaturée. Si ce type d'évasion peut avoir un prix conséquent , il 'sagit d'un beau voyage dans le temps à travers l'éveil de notre sensibilité sur une des facettes de la culture traditionnelle japonaise.