| | Yoyo Sham est une artiste qui navigue dans le monde chinois avec sa douceur musicale. Ses projets se font aussi bien en solo qu'à travers sa formation Charatay ou bien encore en tant que choriste. Sa passion est communicative et elle trace progressivement son sillon. Si ses parents sont bien connus du monde artistique Hong Kongais, Yoyo Sham se démarque avec une personnalité talentueuse. Aujourd'hui c'est sur Kochipan qu'elle a rendez-vous pour nous évoquer son univers artistique ! |
Bonjour, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Kochipan ?
Je pense que je dois me présenter en tant que chanteuse-compositrice indépendante de Hong Kong, vivant à Taipei et travaillant en tant que choriste sur la scène musicale pop.
Vous avez eu la chance de voyager dans différents endroits de la planète (Pékin, Taipei, Hong Kong, Toronto...). Que garderez-vous particulièrement à l'esprit de ces expriences et comment cela se reflète-t-il dans votre musique ?
En effet j'ai eu le plaisir de vivre de chacune de ces villes pendant quelques années, et chacune d'elles a occupé un moment et joué un rôle significatif dans ma vie. J'ai pu quitter la maison et voir les choses par moi-même pour la première fois. Toronto fut comme mon premier colocataire. Pekin fut comme un professeur pour lequel je n'étais pas préparée et qui m'a enseigné la discipline. Taipei fut comme un ami qui m'encourage et Hong Kong est un membre de la famille où j'ai eu des ressentis mélangés. Concernnant la formation musicale, j'ai eu des cours de Jazz vocal à Toronto, j'ai commencé à écrire des chansons à Pékin, puis j'ai commencé à jouer ces chansons à Taïwan tout en étant choriste à des concerts pop à Hong Kong. Je suis sûre que tous cela est dans ma musique, je ne suis pas pleinement consciente de quelle manière sauf en ce qui concerne le facteur linguistique évident.

Vos parents sont des personnalités connues de Hong Kong (NDR son père est l'acteur John Sham et sa mère la styliste Tina Liu). De quelle façon cela-a-t-il pu influencer votre travail artistique ?
J'ai grandi sans vraiment comprendre ce que mes parents faisaient. Ce que je comprenais c'est que mon père avait quelque chose à voir avec les films et ma mère avait comme travail de rendre les gens mieux. Leur plus grande influence sur moi est leur dévouement et leur confiance en faisant une carrière seulement sur ce qui les passionne, peu importe ce que cela peut être. Les voir ainsi m'a fait comprendre que c'était la façon d'avancer.
Vous composez vos propres chansons mais également pour des films, des publicités...Comment gérez-vous ce travail artistique dans ces différents média ?
Je n'avais pas beaucoup de pratique lorsque c'est arrivé mais j'accueille chaque chance qui se présente afin d'explorer la façon de faire de la musique pour différents buts dans différents media. Lorsque j'écris pour moi, j'ai peu de choses à prendre en considération à l'exception de mes sentiments. Quand j'écris pour des films je dois faire attention à beaucoup de choses et des éléments pratiques comme la durée. C'est un tout autre monde dont je n'ai pu avoir qu'un aperçu, je pense que je serai mieux dans ce domaine en tant que choriste qu'en tant que compositice.
Quels liens unissent ces différents travaux artistiques et quel type de sensibilité souhaitez-vous transmettre à travers eux ?
Mon intérêt et ma force se trouvent dans les vocalises et les harmonies, et j'aime me concentrer sur l'humeur et l'attitude qu'elles offrent. S'il y avait un lien entre mes différents travaux je dirai que cela serait un certain sens du calme en général...J'espère que mes morceaux puissent servir comme une pause dans une vie bien remplie, qu'il s'agisse de la solitude ou de la tristesse, nous pouvons prendre un moment et se poser pour quelques instants.
Quels sont les éléments auxquels vous prêtez particulièrement attention dans la mise en forme de vos chansons ?
Je crois que l'un de ces éléments est la sensibilité. Je n'utilise pas le terme création car je ne ressens pas l'écriture de chansons comme une création. Je pense que si vous êtes assez sensible vous serez inspiré, vos pensées et vos ressentis seront traduits dans un médium, dans une langue, avec laquelle vous serez le plus familier. Et je crois que la sensibilité est une conscience que nous pouvons tous développer. Et puis il y a clairement la discipline car peu importe combien vous pouvez être sensible ou sentimental, un chanson ne peut s'écrire alors que vous êtes étendu dans votre lit (rires).

On vous connaît également à travers le groupe Charatay. Comment a démarré ce projet musical et comment avez-vous développé ce style a cappella ?
Charatay est un mot que nous avons créé alors que nous étions adolescents et ils sont mes meilleurs amis d'enfance. Nous n'avions jamais prévu de mettre en place un groupe ou d'avoir un projet musical ensemble, c'est quelque chose qui s'est passé comme ça et qui nous a surpris. Nous chantons a cappella car nous nous sommes rencontrés dans une chorale et nous avons grandi en chantant ensemble sans instruments. Nous sommes devenus un ensemble dans les yeux des gens car un jour cela nous manquait tellement de ne pas chanter ensemble que nous avons organisé notre propre concert afin de célébrer le 10ème anniversaire de notre amitié pour nos amis et nos familles, juste pour s'amuser. Nous avons accepté la plupart des invitations pour jouer après cela car nous sommes rarement motivés dans l'organisation de concerts pour nous-mêmes (rires). Cela représente trop de travail. Nous avons eu l'opportunité de travailler en tant que choristes d'Eason Chan pour son concert et sa tournée mondiale, et depuis nous travaillons régulièrement ensemble en tant que choristes à Hong Kong.
En 2013 vous avez participé à «Concert in the dark » (concert dans le noir). Comment avez-vous appréhendé cela et que vous a apporté cette expérience ?
« Concert in the dark » fut l'expérience de représentation la plus extraordinaire que j'ai pu avoir et j'ai vraiment apprécié cela. Ce fut une grande inspiration car jamais un chanteur ou un musicien peut avoir ce genre d'attention sur leur musique qu'en étant dans le noir. Entre le public et nous-mêmes il n'y avait rien d'autre que cette concentration sur le son. Les musiciens devaient interagir à travers leur musique et j'ai vraiment apprécié le défi. Sur une note plus personnelle, je fut vraiment contente d'avoir cette toile de fond lorsque je chantais car chanter est ce que j'aime le plus lorsque je suis sur scène, et du fait que le public ne pouvait pas me voir, je pouvais me débarrasser de certaines choses qui captent mon attention comme la façon dont je me présente et j'ai pu ainsi pleinement me concentrer sur la performance vocale. Ce fut vraiment libérateur.
Vous diffusez principalement vos chansons sur des sites musicaux tels que indievox ou streetvoice. Comment en êtes vous venu à ce mode de diffusion et comment ces réseaux peuvent-ils aider des artistes comme vous ?
Streetvoice me fut recommandé par d'autres chanteurs/compositeurs au studio où je travaillais à Pékin. Tout le monde l'utilisait j'ai donc commencé à charger mes démos également. C'était comme une récompense d'avoir un public et également une opinion objective pour quelque chose que vous créez vous-même dans votre petite pièce sans personne à qui consulter que vous-même. J'apprécie chaque retour et cela me motive à continuer de pratiquer cela. J'ai développé une habitude qui est de charger une chanson que j'ai écrit durant la nuit. Les plateformes en ligne telles que streetvoice et Indievox ne m'aident pas seulement à diffuser ma musique, mais me présentent à une communauté que je n'aurai pas pu connaître. J'ai rencontré d'autres musiciens à travers les sites internet et collaboré avec eux en ligne. J'ai ainsi pu rester dans un appartement vide d'un musicien lorsque je suis venue la première fois à Taipei sans connaître personne. Ce musicien je l'avais seulement rencontré et collaboré avec lui sur streetvoice.
Quels sont vos projets et avez-vous un message pour le public français ?
Mon prochain grand projet est de sortir un album cette année. C'est le but. Nous avons 11 chansons enregistrées et elles sont en post-production actuellement. Et pour le public français...Si vous appréciez ma musique laissez moi venir chanter dans vos salles de concerts !! J'aimerai venir en France et je crois que je peux vivre avec simplement des baguettes, des crêpes et du café au lait.
© Photos et vidéos : True Color Ltd. & Yoyo Sham
© Interview réalisée par E-mail - Kochipan (mars 2014)
Merci à Yoyo Sham d'avoir accepté cette interview pour Kochipan.
Merci également à True Color Ltd. pour l'aide et l'accuei
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