Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

KOCHIPAN

Un autre regard sur l'Asie orientale


Interview : Issekinicho (aAlex)

Publié par Kochipan sur 15 Avril 2014, 07:00am

Catégories : #Interviews

issekinicho.pngeditionsisso.png Issekinicho c'est avant tout une belle histoire entre deux illustrateurs aAlex et Delfine, passionnés du Japon, qui ont souhaité partager au mieux leur installation au pays du soleil levant à travers un blog convivial et dyanmique. Celui-ci a, par la suite, donné naissance à une maison d'édition qui se veut un autre regard sur le Japon à travers différents ouvrages fruits de reportages. aAlex a bien voulu nous en dire plus sur cette aventure !


Bonjour, Pour les lecteurs de Kochipan qui feraient votre connaissance aujourd’hui pourriez-vous vous présenter ?

 

Bonjour, nous sommes aAlex et Delfine, un couple d’illustrateurs français et nous sommes partis vivre au Japon pendant 2 ans (en 2011 et 2012). Pendant ces 2 années nous avons publié sur notre blog, issekinicho.fr, des anecdotes en BD et des photos pour partager nos découvertes, nos ressentis, nos moments de joie, nos galères, nos balades, nos plats préférés… bref, notre quotidien japonais.

Depuis notre retour en France Issekinicho est devenu également une maison d’édition spécialisée sur le Japon.

À côté, nous avons notre activité d'illustrateur indépendant pour la presse et l'édition jeunesse.

En gros, on jongle entre ces 3 activités (illustrateur, éditeur et bloggeur ) en continu. C'est assez physique mais c'est passionnant.

hanami.jpg

 

Comment a démarré l’aventure Issekinicho et qu’est ce qui vous a donné l’envie de fonder une maison d’édition ?


C’est une suite logique, une progression dans notre travail. Nous sommes, comme je l’ai dis, illustrateurs tout les 2 et nous travaillons dans l’édition depuis déjà une dizaine d’années. Nous avions envie de développer des projets de façon plus globale, de concevoir un livre de A à Z et pas uniquement travailler sur la création des visuels.

 

On avait aussi envie de se lancer un défi. Créer une maison d’édition n’est pas simple, la vente en librairie demande d’être acceptés dans un réseau de diffusion et distribution ce qui n’est pas évident pour les petites structures comme nous qui ont du mal à faire rêver les partenaires.

On a longuement réfléchi avant de s’engager car le travail est important. La réussite d’un livre se joue aussi bien avant l’impression, dans les choix graphique et de contenu, qu’après l’impression avec une promotion bien pensée. Il ne suffit pas de placer un livre dans un rayon de librairie pour qu’il se vende.

 

Comment s’est construite votre ligne éditoriale ?


Elle se construit petit à petit et tourne avant tout autour du Japon. Nous privilégions les livres graphiques, bandes dessinées, livres illustrés, livres photo… Nous voulons mettre en avant des créations originales plutôt que la traduction de livres japonais existants, ce qui est plus exigeant en temps et en coût.

nekoland.jpg

 

A quel type de public s’adressent en priorité les ouvrages d’Issekinicho ?

 

Je dirais toute personne curieuse qui ne connaît pas le Japon ou le connaît mais veut découvrir des thèmes un peu plus particuliers.

 

En fait, on ne réfléchit pas au départ en terme de cible ou de public potentiel pour faire un livre. On réfléchit en premier lieu au livre comme nous avons envie de le réaliser et ensuite si il y a un public. Mais en aucun cas, il n’y a d’adaptation pour coller à un public. Si on fait un livre pour un public on risque de faire des livres sans fond qui cherchent à plaire à tout le monde et qui n’ont pas d’âme au final.

On travaille depuis plus de 10 ans avec des maisons d’éditions jeunesse et on voit passer trop de projets de livres de ce type pour avoir envie de reproduire la même chose.

 

Évidemment on ne plaira pas à tout le monde, mais on sait que les personnes qui vont aimer nos livres vont vraiment accrocher.

haikyo.jpg

 

Lorsque l’on évoque un pays, en France, il arrive souvent que soient également véhiculées des clichées ou bien des fantasmes. Qu’en est-il du Japon et quel regard posez-vous sur l’appréhension qui en est faite ?

 

Évoquez la France à un japonais, il aura aussi en tête des clichés et des fantasmes. C’est dû au médias qui préfèrent rester sur des images simples et stéréotypées, plus faciles à diffuser. C’est plus vendeur même si c’est en partie faux. Il y a 1000 façons de s’intéresser à un pays et/ou à sa culture ou pop-culture. On peut très bien s’intéresser à un des aspects d’un pays sans s’intéresser au reste.
Par exemple, on peut très bien être passionné de ju-jitsu et ne pas lire de manga ou écouter de la j-pop et ne pas manger de sushi.

 

Un grand nombre de personnes s’intéressant au Japon d’une façon touristique et n’y ayant jamais été peuvent avoir une vision fantasmée. Est ce vraiment de leur faute ou de la faute des médias qui servent des documentaires proposant une vision « toute faite du pays » ? De même, je ne sais pas si c’est spécifique au Japon, mais on rencontre un grand nombre de personnes partis une fois une semaine au Japon, convaincu de tout connaître et d’avoir raison sur tout. Je me rends compte personnellement que plus l’on reste dans un pays plus on en apprend et notre vison évolue au gré des rencontres et des expériences. Pendant nos 2 ans je crois que ma vision du pays a évolué et changé tout les 2 mois.

 

Le Japon n’est plus une destination “exotique” nous ne sommes plus dans les années 70 où les gaijins étaient rares. Les français sont de plus en plus nombreux à visiter le pays chaque année, ou à s’expatrier en visa vacances-travail pour un an ou pour des durées plus longues.

On peut donc se rassurer et se dire que la vision qu’ont les Français du Japon est de plus en plus fine.

 

Les thématiques liées aux cultures japonaises connaissent un engouement éditorial auprès de nombreuses maisons d’édition (spécialisées ou non). Comment expliquez-vous cette tendance et de quelle manière souhaitez-vous inscrire Issekinicho au sein de cette offre ?

 

En France, le japonais est la deuxième langue traduite après l’anglais, ce qui représentent 1300 titres en 2013. En regardant de plus prêt, il y a un engouement sur le livre de cuisine, le roman et le manga. En ce qui concerne le livre photo, l’offre est très maigre et les livres actuellement disponibles commencent à se faire vieux. Le marché du livre photo génère très peu de ventes, les éditeurs préfèrent rééditer des titres déjà rentabilisés plutôt que d’investir dans de nouveaux projets et cela concerne aussi bien les petits que les gros éditeurs. L’époque des livres photo tirés à 100 000 exemplaires est révolue, aujourd’hui quand on tire à 1500 exemplaires on est déjà content.

L’engouement éditorial pour le Japon est dû aussi à l’achat de droit de livres japonais peut-être devenu plus facile qu’à une époque.

 

De notre côté on préfère publier et accompagner des auteurs français ayant un point de vue original, réfléchi sur le pays. Dans cette optique voici les questions que l’on se pose :

 

Le point de vue est-il original ?

Le travail graphique/photo/illustré est-il intéressant ?

La démarche mérite-elle de passer sur un support papier ?

Y a t-il un travail graphique intéressant à réaliser sur le livre en tant qu’objet ?

Le livre est-il viable financièrement ? (coût de fabrication, rémunération de l’auteur, coût diffusion-distribution).

 

Si l’on répond positivement à ces questions, le public sera au rendez-vous.

 

Il y a par exemple des blogs très intéressants mais qui ne gagnent pas à passer d’internet au papier.

coredunord.jpg

Si le Japon reste au cœur de la politique éditoriale d’Issekinicho vous avez, néanmoins, proposé à vos lecteurs une escale en Corée du Nord. Qu’est ce qui a motivé votre choix pour ce type d’ouvrage et comptez-vous renouveler ce type d’expérience découverte auprès d’autres pays voisins du Japon ?


Le livre de Jordy Meow “Corée du Nord – escale photographique” répondait à nos critères évoqués un peu plus haut. C’est vrai que l’on connaît mieux le Japon, mais des projets autour des pays périphériques pourraient être renouvelés.

Nous mettons en place une veille graphique pour savoir qui travaille sur ces sujets en photo/illustration/graphisme et voir s’il y a quelque chose de pertinent à publier.

 

Quels sont vos projets pour l’année 2014 ?

 

Nous travaillons actuellement sur un projet de livre collectif toujours sur le thème du Japon qui sortira en septembre 2014, si tout va bien. À côté de ça on réfléchit à d’autres projets qui demandent pas mal de travail technique et qui ne sont peut-être pas réalisables/fabricables. Je reste vague mais tout ça pour dire que l’on cherche à avoir des projets qui essaient de sortir de l’ordinaire et qui nous permettent d’évoluer nous même.

 

Pour conclure que peut-on vous souhaitez pour la suite de l’aventure issekinicho ?

 

De ne pas couler ^_^ . Le milieu de l’édition n’est pas tendre et ne fait pas de cadeau aux petites structures qui n’ont pas le droit à l’erreur. Un gros éditeur peut faire quelques « ratés », quelques livres qui ne marchent pas. De notre côté, avec peu de titres par an, un échec peut compromettre toute l’activité de notre maison d’édition.

 


© Photos : Editions Issekinicho
© Interview réalisée par E-mail - Kochipan (avril 2014)



Merci à aAlex d'avoir accepté de répondre aux questions de Kochipan

 

Site officiel des éditions Issekinicho

 

Blog d'Issekinicho

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Nous sommes sociaux !

Articles récents