
Titre : Les jours, les mois, les années
Titre original : Nian yue ri
Auteur : Yan Lianke
Origine : Chine
Date de publication en France : Février 2009
Editeur : Philippe Picquier
Résumé : La sécheresse s'est abbatue sur un petit village de montagne. L'ensemble de la population fuit vers d'autres lieux plus cléments. Seul un homme a décider de rester. Un vieil homme se nommant lui même l'Aïeul accompagné de son chien l'Aveugle. Son but est de faire pousser un unique pied de maïs malgré un soleil devastateur et un environnement coriace...

Note : C'est le troisième roman traduit en Français de Yan Lianke. Publié en Chine il a néanmoins subi la censure du fait de ses prises de position parfois critiques vis-à-vis de la Chine actuelle.
Critique : Ce roman est tout simplement une merveille de littérature. Parti d'une histoire à priori banale, l'auteur arrive à nous évoquer une épopée entre un homme et son chien, un récit de l'homme face à la nature. C'est sa determination et son courage qui le font aller jusqu'au but qu'il s'était fixé. Ce qui aurait pu être une description linéaire bien plate se révèle être une histoire passionante de bout en bout. Chaque chose devient un combat et on est admiratif de la solidité de nos deux protagonistes. C'est plus qu'une relation entre une personne et son fidèle animal, c'est une relation entre deux compagnons d'infortune mais liés par une indéféctible amitié. Yan Lianke connaît son affaire et finalement il nous fait vivre le quotidien de ces deux compères. On a faim, on a soif, on veut voir cette pousse de Maïs prendre forme...
C'est par l'émotion que l'auteur arrive à nous plonger dans cette chronique. Il arrive à percer ainsi ce que nous avons au plus profond de nous. Toutefois Yan Lianke se garde bien de ne jouer que sur ce registre. L'humour et parfois le cynisme arrivent à faire un bon contrepoid et l'aïeul devient alors un formidable guignol dont les frasques ne peuvent que nous faire rire.
On se demande à un moment donné vers où l'auteur veut nous guider et le message n'en tire que plus de force lorsque les dernières lignes s'offrent à nos yeux. La métaphore devient puissante et on comprends mieux le sens de l'histoire et du titre de cette oeuvre.
Lorsque l'on se demande ce qui fait la différence entre un écrivain talentueux et un autre, auquel il manquerait cette touche qui fait que la littérature prend son envol et de la magie, c'est à travers ce genre de livre que l'on trouve la réponse. La littérature chinoise peut être confiante, elle a encore de beaux jours devant elle.
Note Kochipan : 9/10