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KOCHIPAN

Un autre regard sur l'Asie orientale


Interview : Twisterella*

Publié par Kochipan sur 7 Septembre 2015, 07:00am

Catégories : #Interviews

Interview : Twisterella*

Twisterella* a vu le jour en 2008 à Hong Kong. Se voulant une formation noise pop et shoegaze, le groupe a sorti son premier EP un an après sa création. Après différents changements, le groupe se consolide en 2014 avec comme objectif de marquer l'année 2015. C'est ainsi que le single "Stay away" a vu le jour au mois de mai dernier emmené par sa chanteuse Karen. Si tout n'est pas rose dans le monde de la musique indépendante hongkongaise, Twisterella* prouve que celle-ci possède de très beaux atouts. Kochipan vous propose de les découvrir !

Bonjour, pourriez-vous présenter le groupe aux lecteurs de Kochipan ? 

Nous sommes Twisterella*, un groupe de Hong Kong jouant de la musique avec un goût particulier pour la dream pop, le shoegaze et la noise pop, constituant à la fois les sons explosifs et flottant de notre travail. Nous nous sommes formés en 2008. Le groupe est constitué de Karen (voix), Sammer (basse), Hanes (guitare) et Joe (batterie). Comme tous les membres du groupes sont des amoureux du Shoegaze et de noise, notre travail est très influencé par la musique rock britannique des années 80 et 90. C'est pourquoi nous avons pris le nom de Twisterella* en référence au groupe légendaire de shoegaze de Oxford, Ride. 

De quelle façon Ride a-t-il influencé votre façon d'appréhender la musique ? 

Nous essayons toujours de créer une tension explosive et provocatrice dans notre musique. Ride est définitivement un group expert en ce domaine. 

Quelle est votre propre définition de la dream pop et du shoegaze et comment avez-vous construit votre univers musical autour de ces notions ? 

La dream pop et le shoegaze mettent l'accent sur la création d'atmosphère, mais nous pensons que la dream pop tend à être plus facile à écouter. En comparaison avec la dream pop, le shoegaze est plus perçant lorsqu'il va vers des créations avec des sons et des couches discordieux. 
Les deux types de musiques diffèrent dans leurs moyens d'expression même s'ils expriment tous deux une sensation de lourdeur. De cette façon, les gens se vautrent toujours à l'écoute de ce genre de musique et dans le même temps ils y cherchent un soulagement émotionnel. Nous pensons en quelque sorte que c'est l'impact émotionnel que nous voulons apporter avec votre musique. 

Twisterella* a connu différentes compositions. Qu'avez-vous gardé du groupe original à travers ces années et quel type de facette musicale souhaitez-vous dorénavant transmettre ? 

Chaque personne qui rejoint le groupe apporte de nouveaux éléments et plus d'impact à la musique de Twisterella*, nous considérons cela comme le processus d'évolution de notre direction créative et les moyens d'expression de notre travail. En termes de résultat, nous pensons que la line-up actuelle répond le plus à nos attentes sur Twisterella, ce qui inclut plus d'éléments shoegaze dans les arrangements et la superposition de nos chansons, nous pouvons donc apporter plus d'impact émotionnel à notre public avec la tension ainsi créée dans notre travail. 

 

Interview : Twisterella*

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Selon vous, quels sont les éléments essentiels à la mise en forme d'une composition ? 

Avant de commencer, il doit y avoir des pensées et des attitudes à l'égard d'une question que nous souhaitons exprimer avec notre musique. Par exemple, « Stay away » évoque l'inconscience à travers le vautrement et le soulagement de la vie. On peut également citer « Falling » qui apporte un délcicieux détonnement et qui exprime la façon dont les gens s'aiment contre toute attente. Chacune de ces compositions sont des créations sur la base de nos propres perceptions sur des affaires autour de nous. 

Vous avez évoqué «Stay Away ». De quelle façon cette chanson exprime-t-elle la vie de Hong Kong ? 

Que ce soit dans la vie ou le comportement,les Hongkongais ont tendance à se sentir apathique.Ils deviennent négligents et refusent d'avoir des pensées critiques. Ils semblent être comme des citadiens qui n'ont plu leurs pensées et leurs modes de vie. Il n'y a que des duplications. Ils sont habitués à cela. 
A travers « Stay Away », nous souhaitons dire aux gens de repenser la relation entre l'homme et la société tout comme le sens de la vie. Certains auditeurs peuvent ressentir le contraste de l'atmosphère créée par la première partie de la chanson et la variation sur le final, ils ont l'impression de se réveiller d'un rêve. C'est exactement ce que nous souhaitons. Chaque chanson de l'album fut enregistré dans notre propre studio et mixé par Alok. Le processus de production est une expérience inestimable qui nous aidera à mieux faire pour notre prochain album. 

Vous avez joué avec d'autres groupes comme The Fin cet été. Quel type de souvenirs gardez-vous de cet événement et quel type de lien avez-vous ainsi construit avec vos propres créations musicales ?

Twisterella* a été en première partie des concerts à Hong Kong de Dune Rats (Australie), The Fuzz (Chine) et The Fin (Japan). Chaque fois nous saisissons ces chances pour essayer de nouveaux effets et arrangements à différentes occasions. C'est marrant de voir comment des amoureux de la musique de différents genres interagissent avec notre performance. 
Nous avons entendu que les Japonais sont très méticuleux, c'est pourquoi nous avons prêter une attention particulière au travail préparatif du show une fois que nous avons su que nous serions en première partie de The Fin. Nous savons que la version studio et que la version live diffèrent généralement, nous nous sommes donc référés à d'anciennes performances de The Fin sur Youtube et nous les avons évaluées avec nos propres représentations en espérant apporter au public une expérience totalement différente avec nos arrangements spéciaux. Nous avons beaucoup appris à travers ce travail et nous aimons ce qu'il en est sorti. 
Cependant, lorsque nous avons finalement rencontré les membres de The Fin, nous avons réalisé quel défi se présentait à nous en nous rappelant de leurs noms, avec de nombreuses syllabes. 

Vous avez pu donner également de nombreux concerts en Chine continentale et à Taïwan. Quel regard portez-vous sur ces scènes musicales notamment en comparaison de Hong Kong ? 

En Chine et à Taïwan, il y a plus d'amoureux de musique indépendante, en proportion de la taille de la population, ce qui permet d'avoir plus de livehouses et de lieux de spectacles. Les effets sonores professionnels et la foule enthousiaste nous ont également aide à apprécier notre performance live. 
Peut être du fait de facteurs historiques, le développement de la scène musicale indépendante à démarré plus tôt à Hong Jong qu'en Chine et à Taïwan. Toutefois, les ambitions des artistes indépendants en Chine et à Taïwan ainsi que leur force explosive dans leurs créations ont atteint des sommets dans la dernière décennie, en apportant leur son unique et la culture indépendante. 
Les musiciens locaux ont plus de chances de découvrir des groupes indépendants dans ces deux endroits durant ces dernières années. En dehors de la création musicale, nous sommes également inspirées d'autres façons comme une plus grande production et des stratégies de promotion. Nous pouvons voir de nouvelles tentatives par des groupes locaux à travers leurs créations et leur état d'esprit comme une compétition entre les groupes de ces 3 endroits. Nous trouvons cela sain et encourageant. 

Au mois de janvier dernier vous avez participé au concert «Indie is dead ? » à l'Hidden Agenda. Quelle est justement la situation de la scène musicale indépendante à Hong Kong et comment voyez-vous son évolution ? 

« Indie is Dead ? » fut un concert pour récolter des fonds pour le livehouse Hidden Agenda afin qu'il puisse continuer. Nous pensons que cela explique véritablement la dure situation de la scène musicale indépendante à Hong Kong. Le coût de la vie à Hong Kong est extrêmement cher. Ainsi faire de la musique devient plus cher. 
Un groupe de groupes underground volontaires on joué durant les deux jours de concerts et nous étions l'un d'entre eux. Nous sommes ravis de voir que les groupes ont uni leurs forces pour montrer la variété et la puissance de la musique indépendant à Hong Kong. 
En comparaison avec l'ancienne période, nous croyons que l'environnement pour la création musicale est pire. Cela est principalement du aux contraintes apportées par un espace physique très limité et le stress de vie dans la ville. Toutefois, ces contraintes nous ont rendu plus forts et nous ont apporté de l'inspiration pour une plus grande musique. 
Malgré la difficulté avec laquelle les livehouses survivent, nous pouvons voir de plus en plus d'événements qui essayent d'inviter des artistes indépendants pour des concerts sur différents thèmes et à différentes échelles. Nous voyons cela comme un bon signe. 

Quels sont vos projets et avez-vous un message pour le public français ? 

Nous sommes en train de travailler sur le clip vidéo de « Stay Away » , qui est également la première vidéo produite par Twisterella*. Nous travaillons également sur une série de nouvelles chansons que nous commencerons à enregistrer probablement à la fin de l'année. 
Nous savons qu'il y a de nombreux amoureux de noisepop et de shoegaze en France. Nous souhaitons apporter Twisterella* en France, le public pourra ainsi faire l'expérience de la tension de notre musique. Dans le même temps, nous souhaitons également explorer le monde de la dream pop et du shoegaze en France. 


© Photos : Twisterella*/Imagine Imagine Imagine Records Limited
© Interview réalisée par E-mail - Kochipan (septembre 2015)

 

Merci au groupe Twisterella* d'avoir accepté cette interview pour Kochipan. Merci également à Yuman Ng d'Imagine Imagine Imagine Records pour son aide et son accueil sur cette interview. 

Facebook officiel de Twisterella*

"Stay Away" disponible sur bandcamp

 

 

 

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