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KOCHIPAN

Un autre regard sur l'Asie orientale


Interview : Anam Kawashima

Publié par Kochipan sur 3 Septembre 2013, 07:00am

Catégories : #Interviews

document-12-3618.JPG Anam Kawashima a clairement marqué les esprits du public de Japan Expo en juillet dernier. C'était sa première incursion live en France mais pas sa dernière. L'artiste folk a su au fur et à mesure des années prendre son envol et se faire un nom à part en prenant des risques payants comme en témoigne son troisième album entièrement auto-produit. C'est avec passion et sourire que nous a accueilli Anam Kawashima en juillet dernier pour une interview sous le signe de l'Asie...

 

Bonjour, pour les lecteurs  qui feraient votre connaissance aujourd'hui pourriez-vous vous présenter ?

Bonjour je m'appelle Anam Kawashima. Je suis venue du Japon et enchanté.

Votre père Eigo Kawashima a fortement marqué l'histoire de la musique japonaise. Quel regard portez-vous à la fois sur l'artiste et sur le père qu'il était pour vous ?

En tant que père c'est quelqu'un qui a toujours pris soin de moi. Comme un jeune japonais (Shonen) quand il rigole, il rigole. Lorsqu'il pleure, il pleure. Quand il est en colère, il est en colère. Quand j'étais petite il s'est toujours mis à mon niveau pour mieux me comprendre.
Mon père était très grand et je le respectais quand j'étais petite car c'était mon père. Durant ma jeunesse j'ai pris conscience que c'était un grand artiste, je l'ai trouvé alors plus distant. Je me disais que jamais je ne pourrai devenir comme lui.

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Vous êtes venue à Japan Expo à l'occasion de la sortie de votre troisième album "Anam". En quoi est-il représentatif de votre parcours artistique et comment l'avez-vous conçu ?

Pour mon prénom Anam écrit en caractère chinois, le A représente le A du mot "Asia" (Asie).  Le Na c'est celui de Nara et le troisième caractère représente cette notion d'amitié que je souhaite établir entre les différentes régions d'Asie. C'est la raison pour laquelle j'ai appelé cet album "Anam" car je souhaitais servir de pont entre le Japon et le reste de l'Asie.

Justement ce pont vous l'avez fait jusqu'au bout puisque cet album fut en partie enregistré à Shanghai (Yesterday pub). Comment vos pas vous ont-ils conduit dans cette ville chinoise et musicalement parlant que représente pour vous Shanghai ?

La première raison qui m'a amené à Shanghai, c'est lorsque j'ai appris le Chinois au collège et en voyage de fin d'étude nous sommes allés en Chine, à Shanghai principalement. Nous avons organisé une rencontre avec des collégiens chinois avec qui nous avons joués de la musique. J'ai pu rencontrer des gens avec lesquels j'ai pu établir une relation epistolaire jusqu'à maintenant. Quand on est au Japon nous n'avons pas toujours une image qui soit vraie de la Chine. Le fait d'y aller a changé complètement ma façon de voir la Chine et m'a donné envie d'y retourner par la suite.
Je suis retournée plusieurs fois depuis 3 ans, j'y ai rencontré des artistes et au fil du temps nous avons construit ensemble quelque chose qui se retrouve donc dans cet album.

Vous avez auto-produit l'ensemble de ce troisième album à travers votre label Anam Records. Comment arrivez-vous à concilier ces différentes facettes artistisques et à quelles difficultés avez-vous du faire face en tant qu'artiste indépendante ?

Avant quand j'étais en duo, j'avais un producteur qui s'occupait de nos enregistrements, de nos concerts...Il s'occupait plein de choses. En grandissant, je me suis dit que je voulais aussi m'occuper moi-même de tous ces travaux et ce troisième album m'en a donné l'occasion. Ce n'est pas facile mais je l'ai fait. Dans mon quatrième album, je veux inclure plus de monde et notamment des collaborations avec des artistes européens. Ce serait vraiment bien.  En jouant également j'ai cherché de nouvelles pistes.

Avant votre venue à Japan Expo vous avez fait une série de concerts en Corée. Comment se sont déroulés ces événements et comment s'est passée votre rencontre avec le public coréen ?

Je suis allée dans 3 endroits en Corée. Ce qui m'a le plus marqué, c'est un endroit qui n'était pas prévu. J'ai pu jouer avec des musiciens coréens. Cela s'est super bien passé, le public m'a très bien reçu et nous avons joué en osmoze. Le public coréen a très bien réagi et j'en garde un super souvenir. Mais comme on ne sait jamais ce qui se passe dans ces moments-là j'étais un peu stressée quand même (rires).



Comme on peut le voir avec votre enthousiasme, pleinement partagé, pour vous l'Asie n'est pas un simple mot mais c'est une façon de vivre pleinement votre musique.  Comment avez-vous réussi à créer ces ponts entre ces différents pays et quel image de l'Asie souhaitez-vous transmettre au reste du monde ?

Je pense que mon nom y est pour beaucoup. Au début il représentait une véritable charge pour moi et je l'avais rejeté pendant une certaine période. Mais maintenant j'en ai fait totalement mien et c'est lui qui m'aide aussi à faire ces ponts. Ca fait 12 ans maintenant que mon père a disparu. Cela est passé en un clin d'oeil. J'ai moi même maintenant une petite enfant et je me dis que c'est vraiment important cette relation que nous établissons avec les gens. J'ai envie de rencontrer et de communiquer avec beaucoup de mondes. C'est ce sentiment simple qui me donne envie de jouer en dehors du Japon.

Quelles sont vos attentes pour votre rencontre avec le public français et avez-vous un message pour eux ?

Ma plus grande attente est qu'ils viennent m'écouter à mon concert. J'aimerai exprimer à travers mes représentations un Japon à la fois calme mais aussi un Japon qui bout de l'intérieur avec les tremblements de terre, le tsunami que l'on a connu. Je souhaiterai transmettre cette ambivalence du Japon à travers ma musique.

 

© Photos : Alexandre Rozier (Generikids)
© Vidéo : Anam Kawashima
© Interview réalisée le vendredi 5 juillet 2013 à Japan Expo (Kochipan & Generikids)


Merci à Anam Kawashima pour cette interview ainsi que pour son accueil.
Merci à Djamel Rabahi pour les traductions de cette interview
Merci à Alexandre Rozier pour cette nouvelle collaboration
Merci à l'ensemble des équipes de Japan Expo pour avoir rendu possible cette interview

Site officiel d'Anam Kawashima

 

Et n'oubliez pas : Anam Kawashima rencontrera son public le mercredi 3 octobre à 20h30 au Kawaii Café à Paris et sera en concert le jeudi 4 octobre à 21h au Café les 3 arts à Paris ! Venez nombreux !

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